Télétravail
Annoncé dès les années 50 dans une étude de Bell comme le mode de travail des années 90, le télétravail n’aurait donc qu’une vingtaine d’années de retard. Qu’importe, les rédacteurs de Mémo Technique n’ont pas hésité à franchir le pas à la fin du XX° siècle.
Le télétravail se développe rapidement, grâce notamment à la démocratisation des technologies (PC, Internet, haut débit) et à l’évolution des pratiques professionnelles. Une étude commandée par l'Union européenne (Eurobarometer) évalue le nombre de télétravailleurs en Europe à 10 millions en l'an 2000 (contre 9 millions en 1999, soit une croissance de plus de 11% d'une année sur l'autre).
Si les salariés pratiquant le télétravail vivent en majorité dans les pays du nord de l’Europe, l’importance du développement de ce mode de travail est fortement lié au niveau de connexion à Internet de chaque pays.
La France se situe exactement dans la moyenne européenne (5,6% des salariés). Le Danemark occupe la première position (17,4%) et le Portugal la dernière (2,4%).
Bref historique :
Le concept de télétravail apparaît pour la première fois en 1950 aux Etats-Unis dans un ouvrage de Norbert Wiener consacré à la cybernétique. Mais il faut attendre 1973 pour que naisse le terme ‘telecommuters’ (professionnels bénéficiant du mariage de l’informatique et des télécoms pour travailler à domicile).
L’ancêtre d’Internet (réseau ARPANET), créé en 1969, prendra son essor public à partir de 1983 (plus de 380 millions d’internautes surfent régulièrement sur le Web en 2001, plus de 700 millions fin 2003…).
En 1972, Alvin Toffer, célèbre futurologue, annonce dans son livre « Le choc du futur » l’éventualité d’une migration du bureau vers le domicile et du retour d’une industrie familiale…
Quelques années plus tard, Intel invente le processeur (4 bits), le premier micro-ordinateur personnel sort des ateliers d’Apple Computer et Windows prend son envol.
Au début des années 80, on assiste à un véritable décollage du secteur tertiaire. En 1981 par exemple, le milieu bancaire est en pleine transformation : dématérialisation des titres et de la monnaie, et croissance rapide des transactions électroniques. Certains analystes parlent d’une période « post-industrielle », d’autres de « tertiarisation ». Ce décollage, associé à la démocratisation des moyens informatiques et au perfectionnement des télécommunications, stimule le développement du télétravail.
A partir des années 80, les initiatives, tant gouvernementales que privées, se multiplient :
- PBS (Entreprise de traitement de texte à façon, créée par Pierre Bertaud en 1979 et prenant en charge tout type de travaux de dactylographie)
- rapport Breton (étude sur la faisabilité et les conditions de développement du télétravail mandatée par le 1er ministre en 1993)
- appels à projets de la DATAR (entre 1990 et 1993, la Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'action Régionale lance trois appels à projets visant à protéger ou reconstituer le tissu social des zones « fragiles » et à décongestionner les métropoles)
- Loi Madelin de 1994 (visant à favoriser le télétravail indépendant et reconnaissant trois types de télétravailleurs : le salarié de droit commun, le travailleur à domicile, et le travailleur indépendant)
- Jeux Olympiques d’Atlanta de 96 (pour tenter de réduire le trafic urbain pendant les JO, la municipalité d’Atlanta a lancé la plus vaste opération de télétravail jamais imaginée : avec l’accord et le soutien de leurs employeurs, 100 000 habitants de la ville ont bénéficié de l’installation de lignes téléphoniques professionnelles pour travailler à domicile)
- Charte européenne du télétravail (1997)…
On évalue aujourd’hui à environ 200 000 le nombre de télétravailleurs en France. Selon IDC, ils seront plus de 20 millions en Europe de l’Ouest en 2005. Outre l’évolution du monde professionnel et les innovations contribuant au développement de l’informatique mobile (miniaturisation, wi-fi, VPN), de nombreux facteurs sont à l’origine de ce retour à la maison : facteurs environnementaux (embouteillages, pollution), économiques (productivité, réduction des coûts : l’International Telework Association and Council rapporte que tous les jours, 50% à 70% des espaces de travail restent inoccupés durant les heures ouvrables, alors que leur coût s’élève à environ 10 000 dollars par an chacun), sociologiques (retour à la nature)…
C’est ainsi que, signe des temps, la Commune d’Essay dans l’Orne (située entre les Parcs naturels du Perche et de Normandie), a créé en 2003 le village des télétravailleurs afin de « regrouper des compétences complémentaires dans un même lieu pour favoriser l’entraide et l’effet réseau des e-travailleurs ».
Le télétravail chez Mémo Technique
Les rédacteurs de Mémo Technique travaillent chez eux, c’est à dire dans Paris intra muros, la proche banlieue ou une campagne plus lointaine… Mais ils travaillent également chez leurs clients, chez les clients de leurs clients, dans des restaurants, sur des places publiques … comme la plupart des nomades urbains modernes...
Cette organisation décentralisée ou distribuée repose sur quelques outils informatiques, des conversations téléphoniques régulières, une répartition du travail par projets, quelques tableaux de bord et un partage systématique des connaissances. Mais notre métier exige avant tout du calme, un luxe de plus en plus rare dans les environnements de travail traditionnels.
Le cœur informatique de Mémo Technique est un outil collaboratif de gestion des connaissances : Groove . Il permet à la fois de stocker et de partager l’ensemble des projets de l’agence (généralement des fichiers Word, Power Point ou Acrobat), et offre des outils de communication (chat, messagerie instantanée, audio et vidéoconférence), de collaboration (révision collaborative), de gestion de projets, de calendrier, etc.
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Ce choix d’un mode de travail non conventionnel pousse Mémo Technique à adopter de nouveaux moyens pour communiquer avec ses clients. Ainsi, récemment, la société a transformé son site Web classique en weblog afin de faciliter la publication de nouvelles informations et le dialogue avec les visiteurs du site : clients, partenaires et nouveaux venus (www.memotechnique.com). Un weblog ou Blog (« joueb » en français) est une sorte de carnet de route accessible via Internet. Sous le principe de la publication de messages réguliers, il présente tous types d’information considérée comme digne d’intérêt. Du journal intime au site personnel d’un journaliste, les weblogs forment un outil de communication simple, bon marché et réactif ….
Biorythme naturel et maîtrise du temps
La qualité de vie est l’une des priorités de Mémo Technique, tant sur le plan professionnel que personnel. Dans cette optique, le télétravail offre de nombreux avantages.
Lorsqu’ils sont interrogés à ce propos, les rédacteurs de Mémo Technique mettent spontanément en relief un gain de temps très appréciable : « Nous économisons environ 2 heures par jour, car nous n’avons pas à nous déplacer pour nous rendre sur notre lieu de travail. Ceci nous permet de gérer notre temps à notre guise, en fonction bien sûr des projets à réaliser. » Certains rédacteurs aiment à se lever tôt pour se ménager des plages personnelles plus tard dans la journée, d’autres se sentent plus productifs dans l’après-midi, voire dans la soirée… L’absence de contraintes permet d’être plus en phase avec le biorythme de chacun, certains rédacteurs n’hésitant pas à qualifier d’anti-naturel le rythme traditionnel 9h00-18h00. Et cette liberté n’a pas d’impact sur la disponibilité des rédacteurs, qui savent se montrer réactifs et sont joignables en permanence.
« L’absence de lien social » est souvent mise en avant comme l’un des désavantages du télétravail. Pourtant les rédacteurs de Mémo Technique considèrent au contraire que ce mode de travail permet de protéger les relations entre collègues. Ne vivant pas ensemble dix heures par jour, ils apprécient l’absence de conflits liés à la vie quotidienne (« Qui m’a encore piqué mon crayon ?!! ») ou aux contingences. En revanche, l’équipe de Mémo Technique se réunit régulièrement et communique quasi quotidiennement par téléphone. « Grâce à cet aspect non systématique de la communication, nous échangeons réellement… et savons aller à l’essentiel. »
Enfin, si les rédacteurs devaient – sous la torture – admettre que le télétravail présente également quelques désavantages, ils concèderaient que le plus difficile n’est pas toujours de commencer à travailler, mais d’arrêter… En effet, pressés par les délais ou désireux de clore un dossier, ils leur arrive de rallumer leur PC le soir, voire le week-end… (cf. article Weblog d'entreprise : un nouvel outil de communication.)

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