A la suite de la publication de son article « IT doesn’t matter » dans la « Harvard Business Review » en mai 2003, Nicholas G. Carr 
ne s’est pas fait que des amis. L’idée principale de l’article suggérait que, du fait de leur banalisation, les technologies de l’information ne permettent plus aujourd’hui aux entreprises de dégager un avantage concurrentiel certain.
De nombreux dirigeants sont montés au créneau pour démonter la vision du journaliste. Steve Ballmer, CEO de Microsoft, a par exemple assené : « Our fundamental response to that is: hogwash.” (« Notre réponse à cet article est simple : foutaises »), argumentant que l’informatique est l’un des principaux vecteurs d’évolution de la société, avec la santé et l’éducation. D’autres ont rejoint le champ de bataille : Craig Barrett, CEO d’Intel, a insisté sur le « rôle fondamental de l’infrastructure informatique sur la compétitivité de l’entreprise », et Ralph Szygenda, DSI de General Motors, a souligné que « même si Nicholas Carr peut avoir raison lorsqu’il écrit que les technologies de l’information importent peu, l’amélioration des processus métiers, l’avantage concurrentiel, l’optimisation et la réussite de l’entreprise sont primordiaux et ne sont en aucun cas ‘banalisés’ (commoditized). Pour favoriser l’évolution des entreprises, les technologies de l’information peuvent être considérées comme un élément différentiateur ou comme un mal nécessaire. Mais aujourd’hui, c’est un ‘must’ pour toute entreprise évoluant en temps réel… ».
Nicholas Carr répond à ces arguments sur son site web et rajoute une couche de pessimisme à travers la publication d’un ouvrage au printemps 2004 : Does IT Matter? Information Technology and the Corrosion of Competitive Advantage, (Harvard Business School Press).
L’argument principal qu’il développe peut se résumer ainsi : les avantages concurrentiels rendus possibles par la technologie sont de moins en moins durables. Pire, celle-ci peut engendrer une crise mondiale pour cause de déflation majeure. Non seulement, les technologies de l’information n’offrent plus l’avantage concurrentiel recherché (pour cause de banalisation), mais peuvent de plus contribuer à le détruire. Le scénario qu’il décrit met en scène une « dynamique économique bien différente et beaucoup moins attrayante (…) le volume des emplois pourrait commencer à décliner et le chômage augmenter, la fourniture de biens pourrait excéder la demande, les prix pourraient augmenter et la proportion entre les riches et les pauvres pourrait croître de manière substantielle ». Et tout cela engendré par la banalisation des technologies de l’information, par l’automatisation et par Internet !
(Que les Dieux nous préservent d’une telle situation inédite qui verrait l’augmentation du chômage, la surproduction, l’inflation, l’enrichissement des plus riches et l’appauvrissement des plus pauvres !)
C’est là, selon Carr, qu’intervient le DSI. « Les DSI doivent montrer la voie et analyser avec réalisme les forces et les limites des technologies de l’information. Le réalisme est particulièrement essentiel pour les stratégies informatiques. L’hypothèse répandue que les technologies de l’information présentent une réelle valeur stratégique débouche souvent sur des prévisions de ROI trop optimistes, ce qui pousse les entreprises à investir trop tôt des sommes trop importantes. »
Il poursuit : « Lors de l’étude de propositions, il n’est pas suffisant de procéder aux calculs de ROI. Les DSI doivent en outre prendre l’initiative de réfléchir clairement sur les éventuelles réactions de la concurrence et d’analyser ce que signifieront ces réactions au regard des marges et des profits. »
Alors avantage ou non ? Banalisation ou non ?
Qu’en pensent nos lecteurs ?
> les technologies de l’information ne
> permettent plus aujourd’hui aux entreprises
> de dégager un avantage concurrentiel certain.
C'est débile!
(Pardon ça m'a échapé)
Il n'y qu'a regarder skype, google, ebay. Le monde bouge. Les idées pas toujours ;)
Rédigé par : laurent bervas | 30/09/2004 à 08:52